Les avocats de deux proches de Saddam Hussein exécutés cette semaine à Bagdad ont appelé, mercredi, à l’ouverture d’une enquête internationale sur ce qu’ils ont qualifié de "meurtre brutal".MeurtresL’exécution, lundi, de Barzan al-Tikriti et Awad Ahmad Bandar "ne peut être appelée une exécution, mais un meurtre brutal qui n’a rien à voir avec les règles d’une exécution", dénonce un communiqué signé de quatre avocats. "La décapitation de Barzan ne peut-être le résultat d’une pendaison. Nous pensons que la décapitation est le résultat d’un meurtre brutal commis par des criminels bénéficiant de la protection du gouvernement", affirme le communiqué.
"Nous appelons à l’ouverture d’une enquête sérieuse et immédiate qui soit menée par une commission internationale", ajoutent ces avocats, "exhortant le secrétaire général de l’ONU et toutes les organisations internationales à intervenir immédiatement et à mettre en place une équipe d’enquêteurs".
Le texte était signé par les avocats
Issam al-Ghazzawi (Jordanie),
Woudoud Faouzi Chamseddine (Irak),
Mohammed Mounib al-Jindi (Egypte) et
Ahmad al-Siddiq (Tunisie). Ils insistent pour que la commission d’enquête soit composée de représentants de l’ONU et de groupes de défense des droits de l’Homme, et que des avocats de la défense en fassent partie.
CondamnationBarzan, demi-frère de Saddam Hussein et ancien chef du Renseignement, et Bandar, ancien chef des tribunaux révolutionnaires, ont été pendus lundi dans le plus grand secret, dans un endroit qui n’a pas été révélé, et sans aucune annonce préalable. Ils devaient au départ être pendus en même temps que Saddam Hussein mais leur exécution avait été reportée, après l’indignation suscitée par la diffusion sur internet d’une vidéo pirate de la pendaison de l’ex-dictateur.
Selon une vidéo officielle des exécutions, Barzan a été décapité sous le choc de la pendaison : son cadavre repose à même le sol, sur le ventre, sa tête à plusieurs mètres de là. Barzan al-Tikriti, 55 ans, et Awad al-Bandar, 60 ans, avaient, comme Saddam Hussein, été condamnés à mort par pendaison le 5 novembre 2006 pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, au nord de Bagdad, tués en représailles à un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982.
Source :
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article5775.